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Langues et culture, compte rendu du troisième débat philo…

Ils étaient 15 - le mercredi 25 mars - pour débattre autour de la relation entre les langues et les cultures. C’est moins qu’au précédent débat, qui a réuni 50 personnes, mais la motivation était là comme le montrent, d’une part, les échanges qui ont duré plus de deux heures et, d’autre part, les talentueux chants anglais et espagnol interprétés par des élèves...

Le débat a commencé par un rappel du mythe biblique de la tour de Babel où le contact entre hommes a été coupé par la multiplication des langues. Appauvrissement pour l'humanité ou arrêt de l'hégémonie d'une seule et unique culture ? Les langues se sont déliées...

Une élève de TES3 entame le débat par une impression : la pratique du mahorais et du malgache peut créer comme des sous-groupes dans les classes du lycée. Certains élèves utilisent des codes culturels pour rester entre eux alors que, autrement, les habitudes culturelles varient peu en dehors de la langue. D’autres interventions soulignent que la vraie différence se trouve dans les efforts réalisés par certains élèves qui cherchent à comprendre les différences. Exemple est donné du khôl autour des yeux : utilisé en cas de maux d’yeux aux Comores et lors de mariages à Mayotte, il semble que la différence réside dans l’attitude des élèves ; ouverts et curieux… ou non ! Certains pensent que les efforts sont principalement le fait des malgachophones alors que montrer de l’intérêt pour autrui et sa culture est un des vecteurs de l’intégration... à l’image de certains métropolitains qui s’intéressent au mahorais afin de mieux comprendre les habitants de Mayotte. Une attention qui plait donc !   

 Alors que l’UNESCO alerte la communauté mondiale sur le risque de disparition, d’ici un siècle, de 90 % des 6 000 langues du globe, les jeunes ne sentent pas de risque particulier pour le mahorais. Certes, les jeunes ne comprennent ni tout le vocabulaire de leurs grands-parents ni celui du journal télévisé en mahorais. Certes, le mahorais est largement transformé par le français, l’anjouanais, aux fortes proximités linguistiques, et par le grand-comorien. Mais les jeunes ne sont pas en alerte sur son maintien ou la nécessité de l’apprendre dans l’école de la République. Ils ont avancé que la langue, en tant que moyen de cultiver l’identité locale, va bien s’il y a une volonté de la maintenir et d’éviter qu’elle ne se transforme en créole. Autrement, les participants ont souligné le besoin de cultiver une langue commune, de l’ouverture sur autrui, et une langue de l’identité.

En effet, les cultures sont là pour que les gens s’identifient. La culture des autres nous permet de nous questionner, de prendre conscience de nous-mêmes. Le dialogue avec autrui, ou en nous-mêmes, est donc au coeur de l’acte de culture personnelle et collective. Le meilleur garant de l’avenir de notre culture, c’est encore de la partager avec autrui, de la lui faire aimer. Le repli sur soi constituant le plus grand risque de voire notre culture se diluer.

D’un commun accord, le thème du prochain débat portera sur le lien entre la musique et la philosophie...

Rendez-vous le mercredi 29 avril, 13:40, à la maison des lycéens (face à la collation) pour débattre sur la musique : quels messages philosophiques sont diffusés par la musique ? Quel rôle joue la musique dans la société selon les philosophes ? Au programme : échanges, musiques et peut-être des danses et des chants selon la volonté et les talents en présence !

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