Monthly Archives: mai 2015

Stéréotypes & préjugé , compte rendu du cinquième débat philo…

Mercredi 27 mai, quelques courageux ont démenti le préjugé voulant que les élèves sont fatigués et ne veulent plus réfléchir en fin d’année.

Stéréotypes & préjugés, leur définition donne des clés pour comprendre leur intérêt et leur limite. En psychologie, selon Carl Jung, ce sont des préformes vides ( des idées toutes faites) qui nous permettent de nous repérer même sans avoir une grande connaissance sur une situation, une personne. Un élève donne un très bon exemple : le préjugé veut que les gens du nord de Mayotte soient plus agressifs que ceux du sud. Ce préjugé a sûrement un évènement d’origine mais celui-ci a été amplifié, déformé. Il m’est toutefois utile car il me met en garde contre un éventuel danger. Il me rend moins naïf. Il ne pose pas de problème aux autres car je n’en fais rien de mal. Cela rejoint la pensée de Friedrich Nietzsche sur l’utilité de la logique qui sert plus à faire survivre les hommes qu’à définir ce qu’est la vérité.

Une autre élève met en lumière des limites du préjugé. Si un jour je porte le voile, certaines personnes vont trouver que je suis fermée d’esprit et inabordable. Si un autre jour je le retire, d’autres personnes ne vont plus me comprendre et me reprocher d’être insincère comme si je remettais en cause leurs repères… Mais ce sont des repères qui reposent sur des apparences, pas sur ce que je suis, ce que je pense, ce que je sens.

Le souci vient peut-être de la confiance que nous accordons aux stéréotypes : ils réduisent la réflexion et nous reposent en ce sens. Les stéréotypes soudent aussi des groupes et confortent des sentiments d’identité. Il est donc difficile pour un individu de se désolidariser d’un groupe en remettant en cause les stéréotypes au coeur de la culture qui les unit. Il faut pourtant savoir remettre en cause nos opinions quitte à choquer autrui.

Nous sommes plus prompts à prendre conscience et à démonter les préjugés quand nous en sommes les victimes. Nous avons besoin de rétablir la vérité pour ne pas être enfermés dans de mauvais rôles. C’est à partir de là que nous pouvons faire prendre conscience aux gens du mal que peut faire un préjugé : c’est-à-dire en leur faisant subir à leur tour ce préjugé, en les mettant en situation de victimes, de manière pédagogique, pas dans une perspective de vengeance.

C’est un travail éducatif, c’est notamment le rôle de la philosophie, que de dépasser les préjugés, les stéréotypes, les illusions, surtout quand ils deviennent dangereux en détournant les hommes du respect... une des formes de l’amour.

Chers élèves, merci de vos participations aux débats depuis janvier ; bonnes révisions pour le bac et, puisqu’on vous aime, on espère ne pas vous revoir l’an prochain, du moins les Terminales;)

Armand Launay, Hamidani-Attoumani Ambririki

Musique et philosophie , compte rendu du quatrième débat philo…

Débat nourri ce mercredi où 10 élèves ont bravé la grève des bus pour discuter des liens entre la philosophie et la musique.
On associe la musique (et les arts) aux loisirs, au plaisir, à l’évasion. Le son de la voix, premier instrument, et de la musique apaisent déjà le nourrisson, séduisent la grande majorité des hommes de toutes les cultures du monde. La musique est bien une culture universelle qui rassemble grâce à la fête, notamment, et casse les barrières entre les gens comme le notait Jean-Jacques Rousseau. La musique ouvre sur autrui.

Mais n’a-t-on pas tendance à se replier sur des genres musicaux ? Le parallèle est fait par un élève avec la religion ; censée rassembler mais qui crée des divisions, des courants d’opinions. L’illustration est faite avec l’écoute d’un extrait de Carmen du compositeur classique français Georges Bizet et la reprise de son air par Stromae. Les élèves sont rebutés par la forme de la musique classique.  

Peut-on parler de conditionnement de nos esprits, notamment à cause des médias qui valorisent l’actualité ? Notre liberté se limite-elle à choisir parmi les quelques options culturelles de notre société ? Sommes-nous condamnés à aimer une musique parce qu’on y a été sensibilisé par une publicité ou accoutumés par la puissance des boites de production ?  

Cependant un élève avance que les genres musicaux sont une invitation à l’ouverture. Il prend l’exemple du rap qui lui a donné l’envie d’écouter les groupes des années 90 : IAM, NTM... et leurs messages moraux que l’on ne retrouve pas toujours actuellement.

Si souvent dans la musique la voix nous suffit, les paroles ont un sens que l’on ne peut ignorer. La musique exige donc un recul critique car le son peut nous séduire, nous attirer autour de paroles qui ne sont pas gratuites, pas forcément neutres et bien intentionnées. Exemple est donné par l’écoute de Petit frère, d’IAM, nous sommes tous éducateurs par nos comportements ; quel sens retiennent les plus jeunes de nos messages et de nos exemples ? Mais l’esprit critique nous conduit aussi à mesurer que, même dans un style musical qui se veut contestataire, on peut trouver des paroles d’amour et de fraternité.

Car la musique est un peu la poésie d’aujourd’hui. Elle est un lieu d’expression fort. L’écoute de Grand corps malade et de Charles Aznavour (Tu es donc j’apprends) en est un bon exemple qui, en plus cite René Descartes et son fameux “Je pense donc je suis” qui est enrichi de la pensée “tu es donc j’apprends” et de la morale “l’homme est moins sot quand il est un peu curieux”.

La musique n’est pas neutre, ce n’est pas pour rien qu’elle est parfois interdite : notamment dans les recommandations de Platon dans la République, car les artistes divertissent et pervertissent le peuple, et dans le coran qui interdit la musique. On peut donc résumer en disant que, au-delà de ma chambre, la musique peut engager ma responsabilité.

Quelles que soient les différentes choses que nous cherchons dans la musique, il y a en elle l’idée d’un accomplissement de nous par la motivation (“moteur”) qu’elle nous donne… C’est ce que soulignait Friedrich Nietzsche qui associait la musique au dieu Dionysos, associé à la fête, à la soif de vie, à l’évolution permanente de celle-ci : “Sans la musique la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue”.

Un message qu’a bien incarné Bob Marley qui, victime d’un attentat en 1976, a continué à prôner la paix, la fraternité et l’espoir d’un homme meilleur.

L’envie de se retrouver a motivé élèves et enseignants à se donner rendez-vous le mercredi 27 mai autour du thème : les stéréotypes.

 

Le projet “Tournés vers le lagon” est terminé…

Durant cette année scolaire nous avons pu mener grâce au  soutien constant du Parc Marin un projet de sensibilisation des  élèves de terminale scientifique à l'environnement marin et tout particulièrement à celui du lagon. Ce partenariat a été très positif pour les élèves en leur permettant de s'ouvrir à un environnement qu'il connaissaient mal mais qui pourtant leur est quotidien.

Bien que probablement trop court pour exploiter toutes les opportunités pédagogiques qu'un tel projet sous-tend, « Tournés vers le Lagon » a atteint un objectif d'ores et déjà tangible sous la forme de nombreuses pages web qui regroupent l'ensemble des travaux  produits dans le cadre du projet :vous pouvez les consulter ici

Nous espérons tous que ce projet donnera envie à tous de développer des projets et activités similaires l'année prochaine.

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