Musique et philosophie , compte rendu du quatrième débat philo…

Débat nourri ce mercredi où 10 élèves ont bravé la grève des bus pour discuter des liens entre la philosophie et la musique.
On associe la musique (et les arts) aux loisirs, au plaisir, à l’évasion. Le son de la voix, premier instrument, et de la musique apaisent déjà le nourrisson, séduisent la grande majorité des hommes de toutes les cultures du monde. La musique est bien une culture universelle qui rassemble grâce à la fête, notamment, et casse les barrières entre les gens comme le notait Jean-Jacques Rousseau. La musique ouvre sur autrui.

Mais n’a-t-on pas tendance à se replier sur des genres musicaux ? Le parallèle est fait par un élève avec la religion ; censée rassembler mais qui crée des divisions, des courants d’opinions. L’illustration est faite avec l’écoute d’un extrait de Carmen du compositeur classique français Georges Bizet et la reprise de son air par Stromae. Les élèves sont rebutés par la forme de la musique classique.  

Peut-on parler de conditionnement de nos esprits, notamment à cause des médias qui valorisent l’actualité ? Notre liberté se limite-elle à choisir parmi les quelques options culturelles de notre société ? Sommes-nous condamnés à aimer une musique parce qu’on y a été sensibilisé par une publicité ou accoutumés par la puissance des boites de production ?  

Cependant un élève avance que les genres musicaux sont une invitation à l’ouverture. Il prend l’exemple du rap qui lui a donné l’envie d’écouter les groupes des années 90 : IAM, NTM... et leurs messages moraux que l’on ne retrouve pas toujours actuellement.

Si souvent dans la musique la voix nous suffit, les paroles ont un sens que l’on ne peut ignorer. La musique exige donc un recul critique car le son peut nous séduire, nous attirer autour de paroles qui ne sont pas gratuites, pas forcément neutres et bien intentionnées. Exemple est donné par l’écoute de Petit frère, d’IAM, nous sommes tous éducateurs par nos comportements ; quel sens retiennent les plus jeunes de nos messages et de nos exemples ? Mais l’esprit critique nous conduit aussi à mesurer que, même dans un style musical qui se veut contestataire, on peut trouver des paroles d’amour et de fraternité.

Car la musique est un peu la poésie d’aujourd’hui. Elle est un lieu d’expression fort. L’écoute de Grand corps malade et de Charles Aznavour (Tu es donc j’apprends) en est un bon exemple qui, en plus cite René Descartes et son fameux “Je pense donc je suis” qui est enrichi de la pensée “tu es donc j’apprends” et de la morale “l’homme est moins sot quand il est un peu curieux”.

La musique n’est pas neutre, ce n’est pas pour rien qu’elle est parfois interdite : notamment dans les recommandations de Platon dans la République, car les artistes divertissent et pervertissent le peuple, et dans le coran qui interdit la musique. On peut donc résumer en disant que, au-delà de ma chambre, la musique peut engager ma responsabilité.

Quelles que soient les différentes choses que nous cherchons dans la musique, il y a en elle l’idée d’un accomplissement de nous par la motivation (“moteur”) qu’elle nous donne… C’est ce que soulignait Friedrich Nietzsche qui associait la musique au dieu Dionysos, associé à la fête, à la soif de vie, à l’évolution permanente de celle-ci : “Sans la musique la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue”.

Un message qu’a bien incarné Bob Marley qui, victime d’un attentat en 1976, a continué à prôner la paix, la fraternité et l’espoir d’un homme meilleur.

L’envie de se retrouver a motivé élèves et enseignants à se donner rendez-vous le mercredi 27 mai autour du thème : les stéréotypes.